Comprendre les étudiants chinois en France

Troisième population estudiantine en France après les marocains et les algériens, les étudiants chinois étaient plus de 30 000 en 2018, et près de 50 000 étaient attendus en 2020. Alors que bureaux de représentation et écoles françaises en Chine se multiplient pour attirer de plus en plus d’étudiants, les accueillir ne semble pas être la priorité.

Que les étudiants arrivent après le gaokao [1] pour une entrée en master ou en doctorat, c’est souvent leur première fois en Europe. Face à des français qui ne comprennent pas leurs préoccupations, les jeunes chinois, par manque de vocabulaire et décalage culturel finissent par laisser tomber… Résultats : difficultés scolaires, mauvaise intégration, mauvais choix d’orientation et difficultés pour trouver un stage ou un emploi.

50 000 étudiants chinois en 2020, une hypothèse qui semblait réaliste. Chaque année le nombre de diplômés en Chine atteint des records. En 2016, 8 millions d’étudiants sont sortis des universités chinoises et 300 000 des universités étrangères. En y ajoutant ceux qui cherchaient déjà un travail, le nombre de jeunes à la recherche d’un emploi pourrait atteindre 15 millions. Cette envolée du chômage pousse les parents à surinvestir leur enfant unique, pour qui le choix de l’étranger apparait comme une évidence pour se différencier de leurs pairs. Ce n’est pas pour déplaire aux étudiants qui y voient une porte vers l’ailleurs, une invitation au voyage.
En 2014, c’est 80 000 étudiants chinois qu’on attendait en 2020, deux ans plus tard on parle de 50 000 étudiants. Malgré ces objectifs les effectifs des étudiants chinois stagnent alors qu’ils sont de plus en plus nombreux à étudier à l’étranger (+32% sur cinq ans).

 

Mais pourquoi choisir la France ? Nous nous démarquons pour plusieurs raisons : la qualité/prix de nos enseignements, la francophonie dans un contexte “chinafrique”, l’enseignement du français valorisé et proposé par les antennes de notre vaste réseau diplomatique, le travail de nos institutions sur place, mais aussi l’industrie cinématographique, le luxe, la mode, nos penseurs et nos influenceurs.

Comprendre nos différences ? Un détour par la Chine confucéenne nécessaire. Le confucianisme, décrédibilisé par les modernistes puis par les révolutionnaires maoïstes au début du XXe siècle, est finalement repris dans les discours politiques dès les années 70. Les valeurs confucéennes sont choisies pour structurer le virage chinois à 180° causé par l’ouverture à l’Occident et à l’économie de marché : le capitalisme aux caractéristiques chinoises est né.

Confucius réapparait alors comme le principal régulateur de l’ordre social et moral. C’est autour de la notion de rite ( 礼 li) que les principes de piété filiale ( 孝顺 xiaoshun) et de face (面子 mianzi) s’organisent. En quoi ces concepts expliquent-ils certains des comportements remarqués dans une salle de classe ou dans une entreprise ? La piété filiale, matrice des interactions sociales, explique le respect fort pour la hiérarchie. Les étudiants habitués à ne pas interrompre leur professeur ou leur supérieur hiérarchique ni à remettre en question leur propos, pourraient se voir reprocher un manque de participation ou d’initiative. Eux y voient du respect. S’ajoute à cela le concept de face, où le sentiment de honte peut prendre une dimension telle que l’étudiant s’interdira d’intervenir.

Comprendre nos différences ? S’approprier de nouveaux « savoir-faire » et « savoir-être » Quand vient l’heure de rédiger des dossiers « à la française» le cœur palpite : structure attendue d’une ‘bonne dissertation’ quasi-inconnue, peur paralysante de faire des fautes d’orthographes. Aux problématiques de méthode et de langue, s’ajoute ce qu’on appelle les ‘soft skills’. Le siècle de l’intelligence artificielle met en lumière l’importance du capital humain. La créativité, prise d’initiative, l’assertivité, le sens du collectif et la curiosité doivent être enseignés au même titre que les ‘ savoir-faire ‘. L’enseignement de ces compétences comportementales favorisera non seulement une meilleure intégration, mais optimisera également l’employabilité des étudiants.

 

Ces remarques traduisent les difficultés les plus répandues, traversées par les étudiants chinois, et cet article permet de rendre compte du décalage entre les systèmes éducatifs et culturels. Il ne s’agit donc pas de comparer pour juger, mais de comparer pour adapter.

Mon ami français aide les étudiants et jeunes diplômés à mieux comprendre le marché de l’emploi franco-chinois, à valoriser leur profil biculturel et enfin à se démarquer en entretien (stage, emploi), et finalement transmet les outils qui leur permettront de s’intégrer dans des équipes françaises et multiculturelles.

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[1] Baccalauréat chinois

 

Bérengère Kalasz 麦穗 –  Mon ami français 我的法国朋友 – Février 2020